IMO Intelligence Immobilière
Comprendre les données

Géorisques : risques naturels et technologiques

Mis à jour le 11 mai 2026 · 5 min de lecture

Qu'est-ce que Géorisques ?

Géorisques est le portail officiel du gouvernement français qui centralise l'information sur les risques naturels et technologiques à l'échelle de la commune, de la parcelle, et du bâtiment. Il est produit et maintenu par le Ministère de la Transition écologique, avec le concours de plusieurs opérateurs dont le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) pour les risques géologiques.

Pour un investisseur immobilier, Géorisques est le point d'entrée réglementaire incontournable : tout vendeur ou bailleur est obligé de joindre un État des Risques et Pollutions (ERP) à tout acte de vente ou à tout bail d'habitation. Ce document est produit directement à partir des données Géorisques pour la commune et la parcelle concernées. L'absence d'ERP ou un ERP inexact peut engager la responsabilité du vendeur.

Qui produit cette donnée ?

Géorisques agrège des données produites par plusieurs administrations :

  • BRGM — aléas géologiques (séismes, mouvements de terrain, retrait-gonflement des argiles, radon)
  • DGPR (Direction Générale de la Prévention des Risques) — risques technologiques (sites SEVESO, installations nucléaires, transport de matières dangereuses)
  • DREAL et préfectures — Plans de Prévention des Risques (PPR) approuvés par commune
  • MTES — coordination et publication sur georisques.gouv.fr

Les données sont mises à jour au fil de l'approbation des PPR et des arrêtés préfectoraux. La fraîcheur dépend donc du producteur de chaque couche — certaines sont quasi en temps réel, d'autres reflètent le dernier PPR approuvé, qui peut dater de plusieurs années.

Quelles familles de risques sont recensées ?

Deux grandes familles, distinctes par leur origine mais souvent cumulées sur un même territoire.

Risques naturels :

  • Inondation (cours d'eau, ruissellement, submersion marine)
  • Mouvement de terrain (glissement, effondrement, éboulement)
  • Séisme
  • Retrait-gonflement des argiles
  • Feu de forêt
  • Avalanche
  • Cyclone (DOM)
  • Radon (émanation naturelle de gaz radioactif du sol)

Risques technologiques :

  • Accident industriel (sites SEVESO)
  • Accident nucléaire (zone d'influence d'une centrale)
  • Transport de matières dangereuses (route, rail, canalisation)
  • Rupture de barrage
  • Rupture de digue

L'inondation et le retrait-gonflement des argiles sont les deux risques les plus répandus en France. L'aléa retrait-gonflement des argiles concerne environ 48 % du territoire métropolitain ; côté inondation, près de 22 000 communes sont couvertes par un Plan de Prévention du Risque Naturel (PPRN). Les risques technologiques sont géographiquement plus concentrés mais souvent sous-regardés dans les analyses immobilières — alors qu'un site SEVESO dans un rayon de quelques kilomètres est un fait documenté, localisé et stable.

Pour situer rapidement chaque famille selon sa fréquence sur le territoire :

Courant Rare
Naturel Retrait-gonflement, inondation, séisme léger Volcanique, cyclone, avalanche
Technologique Industriel (SEVESO), transport matières dangereuses Nucléaire, rupture barrage

La maille du Score IMO ville lit cette grille à travers le libellé long Géorisques de la commune — sans descendre, pour l'instant, au niveau de la parcelle.

Quelle couverture, quelle fraîcheur ?

La couverture est la France métropolitaine et la majorité des DOM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion). Chaque commune dispose d'une fiche, et chaque parcelle cadastrale peut être interrogée via l'API pour obtenir son exposition précise. La couverture Mayotte est plus partielle et reflète l'historique de mise en place du dispositif outre-mer.

La fraîcheur est variable selon la couche de risque. Les PPR sont des documents administratifs approuvés par arrêté préfectoral — une commune peut avoir un PPRI (Plan de Prévention du Risque Inondation) approuvé en 2008 qui n'a pas été révisé depuis. L'information est légalement à jour au sens réglementaire, mais le risque réel a pu évoluer (nouvelles constructions en amont, changement du régime pluviométrique).

Deux limites à garder en tête

1. Commune exposée ≠ bien exposé

Une commune flaggée « risque inondation » ne signifie pas que tous les biens de la commune sont en zone inondable. Le risque peut concerner exclusivement les parcelles riveraines d'un cours d'eau, représentant 5 % du territoire communal. Le reste est hors zone.

L'inverse est aussi vrai : une commune peu flaggée peut abriter un bien en zone bleu foncé d'un PPRI — un détail invisible à la maille communale.

À retenir — L'analyse à l'échelle de la commune est un premier filtre, pas une conclusion. Pour un bien précis, la vérification à la parcelle sur georisques.gouv.fr est indispensable avant tout engagement.

2. Présence d'un risque ≠ probabilité ni sévérité

Géorisques liste les risques identifiés sur une commune. Cette liste ne précise ni la fréquence d'occurrence ni la gravité attendue. Un séisme de magnitude 3 tous les cinquante ans et un séisme de magnitude 6 tous les trente ans sont tous deux notés « risque sismique ».

De même, un site SEVESO seuil bas (manipulation de produits dangereux en quantité modérée) et un site SEVESO seuil haut (établissements à risque majeur) apparaissent dans la même catégorie « risque industriel ». Cette distinction existe dans la fiche Géorisques de la commune, mais le Score IMO ville s'arrête au flag « risque industriel » — la vérification fine relèvera du Module Bien (à paraître).

IMO ne traite pas tous les risques sur le même plan. Le scoring distingue les niveaux d'exposition en pondérant la combinaison et la nature des risques présents — pas leur simple nombre.

Comment IMO s'en sert ?

Le critère « profil de risques » : 10 % du Score IMO

Le Score IMO d'une ville inclut un critère « profil de risques » qui pèse 10 % du score total. IMO interroge l'API Géorisques pour la commune analysée, récupère la liste des risques par libellé long, et classe chaque commune en quatre niveaux : Faible (100), Faible-Modéré (75), Modéré (50), Élevé (10). La méthodologie complète de ce critère — classification, seuils, pourquoi ce poids — est détaillée dans l'article Critère profil de risques du Score IMO.

La liste des risques s'affiche dans le rapport de ville

Le Module 1 reproduit la liste des risques recensés pour la commune, sous forme tabulaire. Les risques technologiques sont visuellement distingués des risques naturels pour éviter qu'un PPRI d'inondation bénin et un site SEVESO voisin ne soient lus avec la même attention.

Vérification à la parcelle dans le Module Bien (à paraître)

Le Module 3 interrogera l'API Géorisques avec les coordonnées GPS précises du bien. La liste de risques sera alors spécifique à la parcelle, pas à la commune — ce qui change radicalement la lecture pour les biens situés en limite de zone.


Sources

Articles liés

Pour aller plus loin : la méthode IMO en 3 étapes et un rapport de ville en exemple, Saint-Étienne.

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